Le Radar H-2X

L’idée Britannique d’un radar de bombardement.

L’idée d’un radar de bombardement de suivi de terrain nait à la fin de la Bataille d’Angleterre, quand une enquête indépendante révèle que seulement 10% des bombes larguées tombaient sur la cible. Les systèmes Gees et Oboe étaient déjà en place mais étaient assez imprécis dans leur guidage vers la cible. L’idée fut donc de créer un radar embarqué (et non provenant du sol) qui risquerait moins de se faire brouiller.

La première présentation du prototype de radar d’une longueur d’onde de 10 cm est faite en 1941 sur un Bristol Blenheim, les résultats sont très impressionnants, chaque édifice est bien représenté, une commande est donc logiquement passée. En novembre de la même année le radar réussit à dessiner les contours d’une ville distante de 55 km. Le radar entre finalement en service le 21 avril 1942 sur un Handley Page Halifax. Malgré la priorité donnée au radar il entre définitivement en service le 1er janvier 1943.

Le H2S Stinky était le principal système radar air-sol de la RAF, utilisant une longueur d’onde de 10 centimètres pour le balayage du terrain aéroporté. Développé pour le Bomber Command de la RAF, il était utilisé sur les bombardiers Halifax, Sterling et Lancaster. Le H2S permettait le bombardement nocturne de cibles allemandes. L’appareil transmettait de l’énergie par une impulsion électrique haute fréquence dirigée vers le bas à travers une antenne rotative ; ces impulsions étaient réfléchies vers l’avion et convertissaient les images en un tube cathodique. Les réflexions sur l’écran permettaient à l’opérateur H2S spécialement formé de déterminer le contraste entre la terre, l’eau et les villes. Le H2S pouvait être utilisé à 7 600 mètres d’altitude et avait un rayon de 80 kilomètres.

Il est finalement perfectionné a deux reprises, passant successivement a des longueurs d’onde de 3cm (Mark III, mis en service en décembre 1944) puis 1,5cm (Mark IV), plus la longueur d’onde était courte (chiffre faible) plus le radar était précis, la version finale fut utilisée dans la RAF jusqu’en 1990 sur Avro Shakkleton.

Un radar H-2S sur une Fortress III de la RAF en 1945 (Imperial War Museum via F3V)

Le H-2X américain : le même mais en mieux :

En 1942 et 1943, un des problèmes majeurs de la 8th USAAF pour ses missions de bombardement stratégiques est de savoir comment utiliser ses bombardiers efficacement avec le mauvais temps qui règne souvent au-dessus de l’Angleterre et de l’Europe continentale. Le 482e groupe de bombardement de la USAAF est mis sur pied comme une escadrille de reconnaissance utilisant les développements des Britanniques dans le domaine du radioguidage et du radar aux fins de bombardement.

Le MIT (Massachussets Institute of Technology) va reprendre le concept du H-2S et va directement le faire passer d’une fréquence de 10cm à 3cm, le H-2X fut donc plus perfectionné que son grand frère H-2S à la même époque, le H-2S passant à 3cm d’onde à la fin 1944 contre une année et demie plus tôt pour la version US.

Un cliché rarissime
de l’installation des premier H-2X
sur B-17 (USAF via F3V)

Celui-ci est immédiatement installé sur douze bombardiers B-17 pour les essais et recevra plus tard la désignation de « AN/APS-15 » au moment de sa production en série.

 Ce radar aéroporté était utilisé comme aide à la navigation en procurant une représentation du sol au cours des opérations de bombardement de jour par temps bouché ou pour les opérations de nuit.

L’antenne parabolique du radar remplace la tourelle mobile de fuselage de ces avions. L’antenne était composée d’un réflecteur parabolique alimenté par un alimentation Cutler. Le réflecteur recevait une „lèvre inférieure“ supplémentaire pour un diagramme cosécant au carré à l’angle d’élévation. Comme le radar était placé tête en bas sous le fuselage de l’avion dans un petit radôme, on obtenait ainsi un diagramme en cosécante² inversé.

Source : Pathfinders and Night Missions | 482nd Bombardment Group (P) – www.482nd.org